Colloque Le milieu des appareils
les 26 et 27 octobre 2006
à la MSH Paris Nord

Responsable : J.L.Déotte ( Paris 8, laboratoire de philosophie
Logiques contemporaines de la philosophie)
Co-responsable : M.Porchet (MSH Paris Nord)

Nous assistons, après le tournant langagier de l'esthétique, à un véritable tournant technique, depuis les travaux   initiateurs de Mauss, Benjamin, Panofsky, Kracauer, Simondon, Leroi-Gourhan, réinterprétés par exemple par Lyotard, ou Stiegler aujourd'hui. Cette révolution épistémologique n'aurait pas été possible sans reconsidérer la part essentiellement technique de ce qui apparaît, tant du côté de la production que de la réception.

On appellera « appareils », et plus précisément « appareils projectifs », ces dispositifs techniques de la modernité comme la perspective, la camera obscura, le musée, la photographie, le cinéma, la cure psychanalytique, etc, qui, dans un premier temps, constituent les conditions des arts, époque après époque. Car, sans eux, et pas seulement pour la modernité, il serait bien difficile de dire ce que seraient les arts pris en eux-mêmes. Mais que les arts soient appareillés de telle ou telle manière entraîne nécessairement que la sensibilité commune prenne tel ou tel pli : c'est une affaire d'accueil de l'événement mais aussi d'apparat et de posture. Bien plus, c'est notre rapport à la temporalité qui change et donc la figure du passé, ou ce qu'on attend de l'avenir. Et encore, ce qui fait le « nous » en rapprochant selon un principe d'appariemment ce qui, jusqu'alors, était hétérogène dans la multiplicité.

Notre moment historique a un privilège : celui de voir ces « appareils » totalement remaniés, voire absorbés par ce que Lyotard nommait « immatériaux ». Peut-être   s'agit-il là de leur instant de vérité, ce moment où réduit à leurs principes élémentaires, en bout de course, ils pourraient directement faire oeuvre.